How to get a car in the United States?

Au départ, on en voulait pas … et on a tout fait pour ne pas en avoir !

Trois heures de bus par jour et deux fois plus entre les arrêts et les bus! Cela avait du chien et on a fait de belles rencontres, dans le bus, dans les quartiers etc.. Faut dire qu’une famille de blancs blonds déambulant dans les quartiers noirs (les blancs ne prennent pas le bus au-delà du centre ville, voyons!) , ca court pas les rues!

Cette belle aventure de rencontres ne nous a laissé pas beaucoup de temps pour travailler, se reposer, manger, etc faire autre chose quoi! On s’est donc résigné péniblement à adopter un mode de vie moins écolo nous enfermant dans l’American Way of Life et dans de (grandes) boites à sardines fermées!

Nous voilà donc plongés dans les sites de voitures d’occasions, les petites annonces … bien décidés à dénicher l’affaire du siècle (histoire de ne pas reproduire l’aventure française de la Nissan, comprend qui peut!).

Le petit coup de pouce nous vient de John, notre avocat préféré (vous allez comprendre) – qui prend le bus tous les matins (sic)! Il nous avait parlé, en passant, d’un ami d’ami qui aurait une, deux voitures à vendre. Pas chères du tout, mais alors pas du tout!! Il montre à Pat un soir les images de la belle : coup de foudre! C’est un Toyota Prius (pour les non avertis: voiture hybride!): le parfait compromis bobo! Des promeneurs suburbains, nous passons directement dans la catégorie des hipsters! Mais c’est sans compter notre légendaire flair de baccalau!

La rencontre avec la Toyota

John présente à Pat donc un soir le propriétaire sur un parking miteux de la banlieue nord de Pitt: Mike Macchi, le boss. C’est un receleur de bagnoles qui achète des auto-tamponeuses aux enchères, qui les fait rafistolé par un garagiste manchot de la mafia et les vend à des  gogos dans notre genre. Officiellement, il est chef cuistot pour soirée privée – mais ca marche pas! Pat fait le tour du véhicule, constate quelques éraflures sur l’arrière mais la voiture roule nickel sans un bruit. Sans déconner, c’est génial! Il lui sers la pogne, le deal is done! 5200 dollars, c’est rien du tout, tout le monde nous dit que c’est une affaire! Manque plus que trouver le fric!

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C’est là que la mamità colombienne ré-intervient (oui, on vous fait pas toute l’histoire!). Pat lui promets illico de lui rembourser jusqu’au dernier penny … quand Emilie sera payée de ses nombreuses heures sup (ouh la vendue! ) Mais la paie n’arrive pas (faut vraiment pas faire d’HS). La mamità se débrouille très bien pour envoyer de l’argent du fin fonds de la Bretagne.

C’est là que se dévoile une nouvelle dimension essentielle des US, pas visible de prime abord, la bureaucratie décentralisée et privatisée. Pas besoin d’un Etat fort pour être kafkaien. Attention, va falloir nous suivre!

Vu le montant, impossible de passer par l’agence Western Union du coin. C’est ce que l’on nous dit en tout cas au départ. On passe donc par une banque toute officielle, toute belle. Pat y va le matin, mais il se fait jeter en beauté car il lui faut deux pièces d’identité: le passeport -avec le visa- est ok mais ils refusent tout net la carte d’identité, il faut une ID card américaine!! Comment faire?

Pat revient l’après-midi accompagné de la chef du bureau des études internationales de la fac (voyez la disponibilité et la gentillesse incroyable!): elle quitte son bureau, prend sa bagnole et l’emmène en personne à la banque. Mais rien n’y fait, Les règles sont les règles. On est pas n’importe où. La banque justifie son refus par des régulations fédérales. Y a pas à discuter. L’ange gardien a alors une idée, allons dans le bureau Cash Cheking chez les pauvres du centre-ville, y sont plus cools avec les règles! Effectivement, premier miracle: Pat obtient le flooz! On peut acheter comme prévu la voiture le jour J.

Ce jour-là, John prend son après-midi et conduit Patrick dans un autre parking. La voiture est toujours là, toujours assez belle. On conclue la transaction, il prend les clés et le propriétaire se barre. Tout est OK, ca y est on est propriétaire d’une belle voiture rouge!!

Comment échapper à la bureaucratie AAA ou la tectonique des plaques

Non, non, c’était sans compter la bureaucratie de la toute puissante Triple A (association des automobilistes d’Amérique). Figurez-vous que si la voiture a bien été vendue par M. Macchi, elle n’a pas été acheté par M. Samzun! Joli, non! Ils refusent de mettre leur tampon sur la carte grise, arguant comme la banque qu’il n’a pas de ID Card US!!

Alors là, c’est grandiose, on a frisé la panique! On a une voiture sur un parking pourri au milieu de nul part, on a les clés, on a filé 5000 dollars en petites coupures à un mafieux qui a détalé aussi sec et on peut pas la conduire car nos amis refusent de certifier notre identité!!! QUE FAIRE DE LA BAGNOLE?

Nous, on s’énerve. Emilie est arrivée avec les enfants (John a fait un AR de 50 bornes pour les ramener), elle est en colère et gueule bien fort en anglais, cela donne! Patrick est abattu. Mais John reste calme. Pendant qu’Emilie manque de se faire ramener par les flics (y nous prennent vraiment pour des cons … mais avec le sourire!), John prend par le bras Pat lui demandant de sortir dehors.

John : ils sont  » a bit picky » c’est à dire des gros chieurs! On a qu’à aller dans une autre agence, on trouvera des gens plus civilisés (on a déjà testé cette stratégie, ça marche!)

Pat : Moi, à pic de ma forme, je réplique: oui, mais qu’est-ce qu’on fait de la voiture, ce soir?

John : Alors là première idée brillante de John: on a qu’à le remorquer jusqu’à la maison! J’appelle mon agence Triple A, on leur fera croire que c’est ma voiture!!

Pat et Emilie: on a quelques doutes : Non, John, t’es sûr de ton coup, là ? Ca ne paraît pas évident. C’est un peu gros … mais on est que des p’tits français arrivés depuis peu!

Mais c’est là que le cerveau de John entre en fusion ultra rapide: il a une deuxième idée méga brillante!

(petite paranthèse: John, photo sûrement à venir, est un petit bonhomme de 50 ans, gringalet, tout calme qui parle pas beaucoup)

John dit:  » J’ai une plaque à la maison! et si je vous la ramenais!!!!?

Nous: comment ça une plaque à la maison?

Lui : Oui, bien sûr. Une plaque de Californie. C’était à mon fils. J’ai même roulé deux ans avec!

C’est là qu’on comprend qu’on avait besoin d’une plaque, qu’il suffisait d’en trouver pour régler tous nos problèmes. On regarde d’une nouvelle façon John .. et les USA ! Mais on est épuisé ! Ca y est, on commence à devenir un petit peu plus américain, grâce à notre cher ami John

Ni une ni deux John reprend sa chevrolet coupée toute pourrie et revient avec sa plaque de Californie. C’est maintenant le soir et les deux compères, Pat et John, dans l’obscurité, visse la plaque à l’arrière de notre voiture fantôme!! L’aventure avec John sera scellée autour de bonnes bières américaines locales et artisanales !

Nous avons une voiture à Pittsburgh, pas de papiers, notoirement clandestin mais une plaque de Californie! It is the American Dream! Aux States, les règles sont les règles, la bureaucratie est féroce … mais on peut la contourner … avec un peu d’astuces !

Epilogue

Au bout d’une semaine de démarches infernales, Patrick obtient le droit d’avoir un numéro de sécurité sociale, le sésame absolu aux States (après la Green card et le visa évidemment). Le bureau de la sécu c’est d’ailleurs tout un poème: on vous demande à l’entrée si vous portez des armes mais ils ne vérifient pas. Surtout, tout le monde se marre en répondant (y sont vraiment trop cons ces flics!) et dans le bureau, y a que des blacks, des obèses, des retraités à l’article de la mort qui s’font chier! Au bout d’une deuxième semaine, Pat obtient la PA ID Card et finalement la carte grise et la plaque de Pennsylvanie de notre voiture!!

plaque 1

Adieu la Californie, bienvenue à la Pennsylvanie !

Mais notre aventure n’est pas finie ! Vous l’avez compris, et vous vous souvenez de Mike Macchi et des petites éraflures de rien du tout à l’arrière ! Hum, hum … en fait, la voiture a été reconstruite sauf la partie arrière, en complète compote ! Notre fin limier Patrick n’a rien vu, ce con ! Le coffre a fermé par intermittences pendant 2 semaines. On est pas complètement couillon, on s’est aperçu de ce léger défaut ! Mais voilà qu’une idée brillante nous vient, faire le check up complet de la bagnole avant d’aller aux chutes du Niagara ! Là, Paul, notre garagiste boiteux entre en scène. La voiture n’a aucun problème : « it is in good shape ! » Y a juste un petit pépin : on peut plus fermer à clé le coffre, la serrure a sauté ! Joli ! Paul, un peu emmerdé, nous recommande un garage voisin. En voyant le nom, le flair de Pat est alerté : Luci ! Emilie au contraire est toute contente ! C’est un gars très gentil des Abruzzes avec son papa et son oncle de 110 et 130 ans qui zonent. Ils sont très contents de parler avec nous italiens. Quand ils apprennent qu’Emilie s’appelle Lanciano (une ville des Abruzzes) c’est le colpo di fulmine (coup de foudre) : ils vont nous aider.

A venir

  • LUCI cherche à récupérer quelque chose d’occasion dans l’Ohio. On attend toujours …
  • Nous sommes allés au Canada pour voir les chutes du Niagara avec cette belle voiture (et son coffre ouvert) et Mme Yvonne Samzun – une belle bacallau. Vous pouvez déjà imaginé la suite …
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