Chrismas Holidays in Detroit, Michigan

Salut les potes,

On ne vous a pas oublié ! On a été juste emporté par un tourbillon de rencontres, de visites, de boulot!! Depuis notre dernier post, en gros presque 3 mois, on a fait le tour de la Pennsylvanie, on est des experts du Lac Erié, longé de Détroit à Buffalo (via Cleveland) et au-delà jusqu’en face de Toronto, on a longé la Delaware jusqu’au New Jersey, on a suivi Lincoln jusqu’à Gettysburg. On a reçu la maman de Patrick (un mois de banane plantin !), le papa d’Emilie (10 jours de restaurant italien, de hot-dogs et de pinar !). On a fêté Halloween sous une pluie froide, Thanksgiving avec une dinde bio et locale, cuisinée à l’américaine (façon New York Time). Alice et Ivo ont quelques petits séjours à l’hôpital -rien de grave, histoire de participer eux aussi à notre découverte des USA (cela fera peut-être l’objet d’un post) !

Les punks à Cleveland

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Maintenant, nous sommes tous les 4 parfaitement fluent in english : Alice l’est tellement que même sa nounou la comprend plus, Ivo hurle dans la rue en anglais : « eh ! mister dog !! » et nous, on débat de la liberté d’expression, du racisme, des mouvements sociaux et de l’anarchisme en anglais et sans interprètes svp !

Un petit point pour les habitués du blog :

  • la voiture roule toujours (c’est avec elle que nous faisons toutes nos aventures – déjà 4000 miles avec elle). Par contre, il y fait de plus en plus froid à l’intérieur. Bientôt, faudra déblayer la glace à l’intérieur (oui, ici -15°C c’est devenu normal. En ce moment à 0°, on ressort les T shirts). Le coffre ne ferme donc toujours pas. On va avoir besoin d’un super BTS Force de vente (Séverine, IUT TC accepté) pour vendre cette épave à la fin de notre escapade… d’autant qu’on compte faire encore quelques miles avec elle !!
  • Les cheveux de Patrick ont repoussé, mais sans retrouver encore une forme normale. Ça va venir.
  • Les Pirates ont toujours pas repris. Les Steelers ont perdu. Les Pingouins, impossible de comprendre ce qu’ils font. D’ailleurs, tout le monde s’en fout !

Nous ne nous sommes donc pas ennuyés, mais nous reprenons le blog pour vous faire de quelque chose d’exceptionnel, d’important, de grand : la découverte du drive-in à Détroit !!!

Et oui, on l’a fait les gars : on a passé les fêtes de Noël, à Détroit, la ville de la bagnole et de la banqueroute, du rock, de la soul, d’Eminem (putain, on a vu 8 mile road. Evidemment c’est super moche !) … ;

C’est la big aventure et il faut y aller doucement. Asseyez-vous, une petite bière, un petit café et du temps.

L’aventure commence avant même d’être partie.

« Alors, vous allez faire quoi pendant les fêtes de Noë ? »

Nous : « On est super content, on va à Détroit »

Eux : « Euh …..euh…. ah bon ….. vous avez de la famille, des amis la-bas …. »

Nous : «  Non, non. On connaît personne. Mais y a plein de trucs à voir. »

Eux : « ah oui. Quoi ? J’y suis jamais allée.. »

S’en suivent des petites variantes :

  • Vous êtes sures, y va faire froid. C’est pas comme ici (c’est sur ici à Pittsburgh, c’est la côte d’Azur  !)
  • Pourquoi pas plutôt Washington ? le mémorial Lincoln ? la White House ?
  • La Floride?

Nous : «  à Détroit, d’abord, y a la maison de Lincoln, d’abord. Y a le musée Ford ensuite, avec plein de choses dedans. Et puis y a un zoo. Et c’est une grande ville. »

Décidément, les gens se sont un peu inquiétés avant de nous voir partir.

Pour nous rassurer quand même, on décide de prendre un bon hôtel. Le gag c’est qu’il ne se trouve pas à Détroit, une ruse de sioux pour pouvoir voir le wanterfront et le skyline à bonne distance. Nous voilà donc loger à Windsor (ville jumelée à Saint-Etienne – si je vous jure !- mais qui ressemble plutôt à un Las Vegas du pauvre !)

Wanterfront: le downtown de Détroit

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On choppe plein d’adresses dans les guides (dans les merveilleuses bibliothèques publiques de Pittsburgh), et glane sur Internet tous les bons plans possibles. Et c’est là qu’Emilie a le coup de génie : elle découvre l’existence d’une journaliste de l’excellentissime Médiapart (http://blogs.mediapart.fr/blog/nastasia-peteuil) qui vit et travaille à Détroit (qui avait fait un petit article sur Pittsburgh et sur notre restaurant palestinien préféré). Sitôt dit sitôt fait, on la contacte, elle nous répond. Elle n’est  pas à Détroit pour les vacances mais nous livre la liste de tous les bons points qu’elle connaît, les chouettes endroits, etc… Nous voilà parés ! Merci Nastasia !

La ville en général

On arrive le long de la rivière de nuit et on est d’abord surpris de voir encore beaucoup de cheminées qui fument. On s’imaginait vraiment arriver dans une ville désertée par toute activité industrielle. Ce n’est pas vraiment le cas … mais cela n’a sûrement rien à voir avec ce que cela a été. On entre dans la ville par d’énormes autoroutes qui se croisent, se superposent et s’entremêlent. Les rues sont gigantesques, pouvant accueillir des milliards de voitures Ford, Chrisler, Chevrolet. Mais là, première hic : pas un chat sur les routes, pas d’embouteillages. Le centre-ville est plein de parking couvert, payant … complètement vide. On peut se garer à tous les coins de rue sans payer. En gros, une ville conçue pour les voitures sans les voitures !

Le downtown est aussi vide en voiture qu’à pied. C’est un centre-ville désert et il le restera quasiment toute la semaine. Quasi seul preuve de vie collective : une bouches d’égouts qui crache de la vapeur comme dans les films !

A peine arrivés, avec notre flair et notre sens pratique légendaire (reconnu de tous, non ?) on cherche le Visitor Center. On est un samedi, dans l’une des plus grandes villes américaines, normal. On a l’adresse exacte. Impossible de trouver les bureaux, jusqu’à ce que l’on lève la tête à 60 m de hauteur et qu’on se rende compte que c’est un énorme building ! On rentre, un type, black, à l’accueil nous regarde bizarrement : « vous cherchez quoi là ?»

Nous : « C’est marqué dans les guides. »

Lui : «  Bah, non, c’est fermé ! «

En fait, ici, ca ne sert à rien d’avoir l’esprit touristique pratique ! On décide de passer en mode d’impro (qui est une autre de nos spécialités mais qui nous réussit mieux). On décide de visiter par nous-mêmes les buildings fabuleux du centre-ville. Rendez-vous compte ces buildings ont été bâti par les fondateurs de l’industrie automobile mondiale, du capitalisme industriel intergalactique !

Mais ceux-là sont vides ! Même réponse à chaque fois :

Eux : « vous bossez là dans la tour ? des visites, mais pourquoi faire ? Y a rien à voir ? »

Nous : « Rien à voir. Mais c’est magnifique, des buildings art déco avec des slogans internationalistes ».

On finit par réussir par rentrer dans un hall décoré à la mode astèque. Là, c’est surréaliste. Y a un magasin hipster qui veut des T-Shirt Detroit à 50 dollars, des mugs kutty à 30 dollars et tout le toutim. On y déguste là un café digne des cafés milanais (le Nain lyonnais peut aller se rhabiller !). Evidemment, y a que nous. Le barman se fait grave chier, mais il est soufflé quand on complimente son café !

En traversant le downtown, on s’aperçoit vite qu’y a plus vraiment que deux trucs qui tournent bien : les casinos et les stades de sport immenses et flambants neufs ! Encore une fois, c’est vraiment étrange de voir cela.

Quand on sort du downtown, l’espace s’allonge et on découvre vraiment le vide urbain, l’impact de la crise qui jusque-là n’apparaissait en fait qu’en creux. Ce sont des maisons abandonnées qui défilent, d’immenses entrepôts, usines désaffectés, des magasins fermés et abandonnés et au milieu des terrains vagues, des friches. Et des blacks qui marchent. Ce paysage urbain dure pendant des miles et des miles. 8 miles road (d’Eminem) marque justement la limite de la ville mais les banlieues ouvrières commencent après. On tombe par hasard sur la première usine Ford, où il bricolait son modèle T. C’est encore un beau bâtiment mais en face y a une pauvre chapelle baptiste, un terrain vague et une énorme usine aux vitres explosées. Or, c’est véritablement là qu’a mué le capitalisme en forme industrielle et consumériste ! L’impression sur le moment est assez vertigineuse !

Au milieu de ces ruines effroyables, de ces personnes errantes, surnagent néanmoins de petits ilots hipsters. Ici, une crêperie française (ça vaut pas une bonne crête bretonne dixit Patrick), là, un bar à cocktail bondé de jeunes cools, plus loin, l’ex-quartier irlandais avec des resto magnifiques où on a jamais réussi à entrer (deux heures d’attente). On devine parfois entre deux étages délabrés dans des vieilles usines, des lofts magnifiques d’architecte berlinois !

En parlant avec l’un de ces jeunes cools, on apprend qu’ils sont en train de revenir en centre-ville, d’ouvrir des petits business. Un wholefood (équivalent de la biocoop) a ouvert, une ligne de tramway va bientôt rejoindre l’avenue principale !

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Musée afro-américain

A part nos errances en bagnole et dans le downtown, nous nous sommes bien occupés en musée, d’ailleurs les enfants n’en pouvaient plus. Nous avons commencé en beauté par le plus grand musée afro-américain des USA. Faut dire qu’à Détroit 80% de la population est noire.

Là, on a une sacrée chance, car nous sommes le deuxième jour de Kwanzaa. Dès l’entrée, on nous invite à une célébration, organisée par le MALCOM Y GRASSROOTS Communitee Center. On a donc droit à l’explication en direct de tout cela. Alice savait déjà tout cela, elle l’avait appris à l’école.

Les fêtes de Kwanzaa ont lieu entre le 26 et le 31 décembre ; c’est une fête communautaire afro-américaine qui date des années 60 et qui vient du mouvement black power. La liturgie est syncrétique (Marine, on parle même de Dieu au féminin). C’est un joyeux fourre-tout de symboles, de libations, de danses, de prêches, de chants. C’est surtout un grand moment de fierté et de politisation de la communauté noire (on dit afro-américaine !). On est arrivé pour le 2ième jour, celui consacré à la « Self-determination » (fiche wiki à consulter rapidement !). On a chanté le poing levé l’hymne de la fierté afro-américaine, on a rendu hommage à tous les martyres de la cause : des premiers esclaves égyptiens, de Marcus Garvey à Rosa Parks. Evidemment, nous étions les seuls blancs et que nous n’étions pas toujours à l’aise … quand ils se lancent contre la suprématie blanche par exemple.

On a enregistré les discours mais impossible de les publier ici. Ceux qui sont intéressés …

Le Musée est gigantesque et reconstitue toute l’histoire de la communauté afro-américaine, en commençant par Lucy en Ethiopie ( !!!!), en passant par les premiers rois du Bénin, et en suivant les chemins de la traite transatlantique pour finir à la lutte des droits civiques et l’élection d’un maire noir à Détroit. Comme toujours aux US, le Musée est très bien présenté, très vivant, avec des reconstitutions réalistes. La salle consacrée à la traite dans les bateaux est complètement flippante, avec le bruit de la mer qui frappe les planches de bois du navire. Surtout, tous ces noirs d’esclaves sculptés, enchaînés dans la soute du navire qu’on nous fait traverser dans la pénombre.

Drive-in

Cette première journée nous fait encore réaliser l’importance du mouvement des droits civiques, du travail accompli pour constituer une communauté politique (qui n’est pas forcément pas atteint) et finalement de la résonnance historique du slogan « Black lives matter ! » que nous avons lu et entendu au moment de Ferguson. C’est une histoire qui continue.

Après cette journée, fallait y aller cool avec les enfants ! On a donc ensuite fait des trucs plus cools, l’aquarium – le plus vieux et le plus moche des USA – mais qui marche encore (un bocal sur deux) spécialiste de repeuplement des rivières. Sans blague, l’industrie a pas mal foutu en l’air la biodiversité – l’eau était rouge à Détroit, à Pittsburgh, c’était à rose ; à Cleveland, ça brûlait tellement y avait de pétrole dedans !). Maintenant, des espèces reviennent ! le musée des bateaux, le jardin botanique.

Et nous avons terminé la journée par une introduction au fordisme : le drive-in ! Là encore, y avait pas foule ! C’est à Dearborne, le fief de Ford et sa famille …. et de la communauté arabe aux USA. Le drive-in a 5 écrans, la boutique de pop-corn au milieu n’a pas changé depuis les années 50. Mais la qualité technique des projections est parfaite : on règle la radio sur la bonne fréquence et on a le même son qu’au cinéma (enfin, c’est surtout grâce à notre super bagnole et ses enceintes GBL !). L’avantage du drive-in, c’est qu’on peut foutre le bordel au cinéma dans sa bagnole, sans emmerder les autres ! C’est aussi un ticket pour deux films : de quoi, faire plein de choses… Nous, on a vu « Ma nuit au musée 2 ». C’est pas mal du tout ! Evidemment, les enfants étaient à fond !!

Musée Ford appelé « The Ford » tout simplement et l’usine

C’est le seul endroit où l’on a vu une foule vraiment compacte, où on a fait la queue. C’est le musée le plus horrible pour tout écologiste digne de ce nom, et pour les parents qui ont des parents en bas âge. Y a pas que des voitures, y a des trains, des voitures, des tracteurs, …….. et une reconstitution de la ville de Détroit en lego.

Le plus fort, c’est de voir en vrai les premiers modèles T, la limousine de Kennedy quand il s’est fait shooté et le bus de Rosa Park ! Là, on s’est bombardé des photos ! C’est le Disney Land de la bagnole et de la culture américaine : on a mangé des hot-dogs dans un diner reconstitué au cœur du musée.

Le bus de Rosa Parks

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La Ford T et un joli avion

Ford T  Avion

L’attraction la plus impressionnante, c’est la visite du cœur de l’usine Ford, le Rouge, du nom de la rivière sur lequel elle est implantée. Là, il y a beaucoup moins de mondes. La visite est organisée par l’entreprise avec les syndicats. On a donc droit à des films commerciaux ventant le génie de Henry Ford, mais aussi sa poigne de vert et sa petite tendance à massacrer des syndicalistes. On nous présente le super nouveau modèle F150, le dernier pick-up à la pointe de l’innovation et du progrès : éclairé 100% LED, un radar 360°, un cache-flingue sous chaque siège (y compris celui des enfants) et un coffre pour ranger 2 mobile-home, son cheval, son chien et sa grand-mère !

On a demandé au guide s’ils faisaient des hybrides, il était déboussolé !

Ils prétendent avoir construit une usine verte : toits végétalisés, pommiers à l’entrée (on a pas goûté le cidre !), on se demande bien quel con d’oiseau pourrait avoir l’idée de nicher dans ce coin-là !

L’usine est magnifique, on surplombe les chaines par un haut. Tout est propre, ordonné. Y a même des gens qui travaillent le dimanche, les jours fériés et les vacances.

« Vous comprenez, ils aiment leur travail ! C’est la qualité », nous dit le guide, un ouvrier retraité, sûrement licencié à 67 ans, avec une pension de misère, qui a dû vendre sa maison à 8 mile road avant de planter sa tente sur le toit végétalisé !

En voyant la taille de ses pick-up, les plus petits de la gamme, on se demande bien qui peut les acheter, pourquoi faire. On commence à comprendre aux US : y a des avantages fiscaux, le prix de l’essence est ridicule (en ce moment, on paie le plein à 15$), mais à l’étranger, à part les ranchers mexicains, on voit pas. On rigole aussi un peu quand ils nous parlent d’innovation, et qu’ils ne prévoient pas la fin des énergies fossiles !

Pendant tout le séjour, nous avons traversé chaque jour la frontière USA – Canada, 5$ de péage, 5$ d’interrogatoire à chaque fois ! Les canadiens étaient souvent vexés qu’on ne reste pas plus à Windsor pour boire du sirop d’érable et surtout dépenser de l’argent dans leur casino à eux. On a tout de même bien profité de l’hôtel : piscine, spa et petit déjeuner sympathique ! Le jour de l’anniversaire d’Alice, on a découvert le zoo de Détroit par – 15°, espérant voir l’ours polair et les pingouins, enfin dans leur milieu quasi naturel. On a finalement vu que les renards des neiges et les phoques s’amusant comme des petits fous dans l’eau. On a patiné au cœur du centre-ville (même Ivo) et on a bien rigolé !

Le pont Ambassadeur entre Windsor – Canada et Détroit – US

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C’est pas Pittsburgh … mais Détroit, c’est quand même bien sympa ! Faut y aller !!

Lundi, on va faire le Martin Luther King à Philadelphia, grande marche en centre-ville contre les violences policières, pour la hausse du salaire minimum et des budgets scolaires ! On continue !

Promis (enfin on essaie !), on raconte et on vous plante pas pendant 6 mois !!

Des grosses bises, vous nous manquez quand même tous !!

Les Pirates!

 

PS. Il y a à Détroit un île, centre de loisirs qui s’appelle Belle-Ile. Évidemment, Pat là avait un peu tendance à gongler les pec

Belle Ile Aquarium

PS PS Nous ne sommes pas des experts en photo (en fait Emilie surtout – Pat n’en prend jamais – quelque fois des arbres …) Désolée!

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Jeu concours: pourquoi les Pirates?

Vous gagnerez un T-Shirt de Pittsburgh! Ils valent le détour!

Attention: les réponses gagnantes sont:

– celle qui est exacte,

– celles qui semblent exactes mais aussi complètement folles. Petit travail d’imagination!

Patrick chez le coiffeur afro

Mardi soir, c’est Pat qui récupère les mômes: Ivo à sa crèche et Alice pour sa première à l’After School de l’église presbyterrienne du coin: y a plus de retraités que d’enfants: No souci!

Il a une idée géniale: faire couper les cheveux d’Ivo, Emilie lui avait justement indiqué un coiffeur afro dans le quartier black juste à coté de chez nous, Wilkinsburg. C’est l’occasion d’étendre sa découverte et son immersion chez les coiffeurs pas chers! Manque de peau, ce jour là, pas de chemises africaines … qui ont un succès d’enfer!

J’entre dans le salon avec les deux gamins, je pose sur le canapé de l’entrée avec eux, tout le monde se marre! Qu’est-ce que vous venez faire ici!

Je comprends à peu près rien à ce qu’ils disent, je leur dis que c’esr pour Ivo, mais évidemment il se dégonfle. C’est donc pour ma pomme! Je donne l’exemple! Je m’assoie dans le fauteuil, dos au miroir (étrange). Je me baraguine deux, trois indications et me voilà parti dans une nouvelle galaxie. Je capte rien à ce que me dit le coiffeur! Il se lance avec une première tondeuse, il enchaîne avec une deuxième, j’ai à peine le temps de lui dire « not too short » que j’ai perdu les 3/4 de ma précieuse chevelure d Samzun!

Il me présente le miroir à la fin: et l’arrière? J’ai les cheveux de Wadel à l’arrière, la coiffure d’Obama à l’avant et une petite mèche qui traine sur le coté!

(Emilie: le marché des coiffeurs est complètement dérégulé, qu’est-ce qu’on rigole!)

Il me finit l’arrière en regardant à coté, je lui tends 15 dollars et c’est fini.

Je comprends en fait que j’aurais pas du demander un hair cut, mais plutot a little shape up pour 7 dollars. Ca m’aurait amplement suffi.

Salaud d’Ivo! Qu’est-ce qu’on ferait pas pour ces enfants!

On évite les photos désobligeantes, aujourd’hui!

Bye

How to get a car in the United States?

Au départ, on en voulait pas … et on a tout fait pour ne pas en avoir !

Trois heures de bus par jour et deux fois plus entre les arrêts et les bus! Cela avait du chien et on a fait de belles rencontres, dans le bus, dans les quartiers etc.. Faut dire qu’une famille de blancs blonds déambulant dans les quartiers noirs (les blancs ne prennent pas le bus au-delà du centre ville, voyons!) , ca court pas les rues!

Cette belle aventure de rencontres ne nous a laissé pas beaucoup de temps pour travailler, se reposer, manger, etc faire autre chose quoi! On s’est donc résigné péniblement à adopter un mode de vie moins écolo nous enfermant dans l’American Way of Life et dans de (grandes) boites à sardines fermées!

Nous voilà donc plongés dans les sites de voitures d’occasions, les petites annonces … bien décidés à dénicher l’affaire du siècle (histoire de ne pas reproduire l’aventure française de la Nissan, comprend qui peut!).

Le petit coup de pouce nous vient de John, notre avocat préféré (vous allez comprendre) – qui prend le bus tous les matins (sic)! Il nous avait parlé, en passant, d’un ami d’ami qui aurait une, deux voitures à vendre. Pas chères du tout, mais alors pas du tout!! Il montre à Pat un soir les images de la belle : coup de foudre! C’est un Toyota Prius (pour les non avertis: voiture hybride!): le parfait compromis bobo! Des promeneurs suburbains, nous passons directement dans la catégorie des hipsters! Mais c’est sans compter notre légendaire flair de baccalau!

La rencontre avec la Toyota

John présente à Pat donc un soir le propriétaire sur un parking miteux de la banlieue nord de Pitt: Mike Macchi, le boss. C’est un receleur de bagnoles qui achète des auto-tamponeuses aux enchères, qui les fait rafistolé par un garagiste manchot de la mafia et les vend à des  gogos dans notre genre. Officiellement, il est chef cuistot pour soirée privée – mais ca marche pas! Pat fait le tour du véhicule, constate quelques éraflures sur l’arrière mais la voiture roule nickel sans un bruit. Sans déconner, c’est génial! Il lui sers la pogne, le deal is done! 5200 dollars, c’est rien du tout, tout le monde nous dit que c’est une affaire! Manque plus que trouver le fric!

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C’est là que la mamità colombienne ré-intervient (oui, on vous fait pas toute l’histoire!). Pat lui promets illico de lui rembourser jusqu’au dernier penny … quand Emilie sera payée de ses nombreuses heures sup (ouh la vendue! ) Mais la paie n’arrive pas (faut vraiment pas faire d’HS). La mamità se débrouille très bien pour envoyer de l’argent du fin fonds de la Bretagne.

C’est là que se dévoile une nouvelle dimension essentielle des US, pas visible de prime abord, la bureaucratie décentralisée et privatisée. Pas besoin d’un Etat fort pour être kafkaien. Attention, va falloir nous suivre!

Vu le montant, impossible de passer par l’agence Western Union du coin. C’est ce que l’on nous dit en tout cas au départ. On passe donc par une banque toute officielle, toute belle. Pat y va le matin, mais il se fait jeter en beauté car il lui faut deux pièces d’identité: le passeport -avec le visa- est ok mais ils refusent tout net la carte d’identité, il faut une ID card américaine!! Comment faire?

Pat revient l’après-midi accompagné de la chef du bureau des études internationales de la fac (voyez la disponibilité et la gentillesse incroyable!): elle quitte son bureau, prend sa bagnole et l’emmène en personne à la banque. Mais rien n’y fait, Les règles sont les règles. On est pas n’importe où. La banque justifie son refus par des régulations fédérales. Y a pas à discuter. L’ange gardien a alors une idée, allons dans le bureau Cash Cheking chez les pauvres du centre-ville, y sont plus cools avec les règles! Effectivement, premier miracle: Pat obtient le flooz! On peut acheter comme prévu la voiture le jour J.

Ce jour-là, John prend son après-midi et conduit Patrick dans un autre parking. La voiture est toujours là, toujours assez belle. On conclue la transaction, il prend les clés et le propriétaire se barre. Tout est OK, ca y est on est propriétaire d’une belle voiture rouge!!

Comment échapper à la bureaucratie AAA ou la tectonique des plaques

Non, non, c’était sans compter la bureaucratie de la toute puissante Triple A (association des automobilistes d’Amérique). Figurez-vous que si la voiture a bien été vendue par M. Macchi, elle n’a pas été acheté par M. Samzun! Joli, non! Ils refusent de mettre leur tampon sur la carte grise, arguant comme la banque qu’il n’a pas de ID Card US!!

Alors là, c’est grandiose, on a frisé la panique! On a une voiture sur un parking pourri au milieu de nul part, on a les clés, on a filé 5000 dollars en petites coupures à un mafieux qui a détalé aussi sec et on peut pas la conduire car nos amis refusent de certifier notre identité!!! QUE FAIRE DE LA BAGNOLE?

Nous, on s’énerve. Emilie est arrivée avec les enfants (John a fait un AR de 50 bornes pour les ramener), elle est en colère et gueule bien fort en anglais, cela donne! Patrick est abattu. Mais John reste calme. Pendant qu’Emilie manque de se faire ramener par les flics (y nous prennent vraiment pour des cons … mais avec le sourire!), John prend par le bras Pat lui demandant de sortir dehors.

John : ils sont  » a bit picky » c’est à dire des gros chieurs! On a qu’à aller dans une autre agence, on trouvera des gens plus civilisés (on a déjà testé cette stratégie, ça marche!)

Pat : Moi, à pic de ma forme, je réplique: oui, mais qu’est-ce qu’on fait de la voiture, ce soir?

John : Alors là première idée brillante de John: on a qu’à le remorquer jusqu’à la maison! J’appelle mon agence Triple A, on leur fera croire que c’est ma voiture!!

Pat et Emilie: on a quelques doutes : Non, John, t’es sûr de ton coup, là ? Ca ne paraît pas évident. C’est un peu gros … mais on est que des p’tits français arrivés depuis peu!

Mais c’est là que le cerveau de John entre en fusion ultra rapide: il a une deuxième idée méga brillante!

(petite paranthèse: John, photo sûrement à venir, est un petit bonhomme de 50 ans, gringalet, tout calme qui parle pas beaucoup)

John dit:  » J’ai une plaque à la maison! et si je vous la ramenais!!!!?

Nous: comment ça une plaque à la maison?

Lui : Oui, bien sûr. Une plaque de Californie. C’était à mon fils. J’ai même roulé deux ans avec!

C’est là qu’on comprend qu’on avait besoin d’une plaque, qu’il suffisait d’en trouver pour régler tous nos problèmes. On regarde d’une nouvelle façon John .. et les USA ! Mais on est épuisé ! Ca y est, on commence à devenir un petit peu plus américain, grâce à notre cher ami John

Ni une ni deux John reprend sa chevrolet coupée toute pourrie et revient avec sa plaque de Californie. C’est maintenant le soir et les deux compères, Pat et John, dans l’obscurité, visse la plaque à l’arrière de notre voiture fantôme!! L’aventure avec John sera scellée autour de bonnes bières américaines locales et artisanales !

Nous avons une voiture à Pittsburgh, pas de papiers, notoirement clandestin mais une plaque de Californie! It is the American Dream! Aux States, les règles sont les règles, la bureaucratie est féroce … mais on peut la contourner … avec un peu d’astuces !

Epilogue

Au bout d’une semaine de démarches infernales, Patrick obtient le droit d’avoir un numéro de sécurité sociale, le sésame absolu aux States (après la Green card et le visa évidemment). Le bureau de la sécu c’est d’ailleurs tout un poème: on vous demande à l’entrée si vous portez des armes mais ils ne vérifient pas. Surtout, tout le monde se marre en répondant (y sont vraiment trop cons ces flics!) et dans le bureau, y a que des blacks, des obèses, des retraités à l’article de la mort qui s’font chier! Au bout d’une deuxième semaine, Pat obtient la PA ID Card et finalement la carte grise et la plaque de Pennsylvanie de notre voiture!!

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Adieu la Californie, bienvenue à la Pennsylvanie !

Mais notre aventure n’est pas finie ! Vous l’avez compris, et vous vous souvenez de Mike Macchi et des petites éraflures de rien du tout à l’arrière ! Hum, hum … en fait, la voiture a été reconstruite sauf la partie arrière, en complète compote ! Notre fin limier Patrick n’a rien vu, ce con ! Le coffre a fermé par intermittences pendant 2 semaines. On est pas complètement couillon, on s’est aperçu de ce léger défaut ! Mais voilà qu’une idée brillante nous vient, faire le check up complet de la bagnole avant d’aller aux chutes du Niagara ! Là, Paul, notre garagiste boiteux entre en scène. La voiture n’a aucun problème : « it is in good shape ! » Y a juste un petit pépin : on peut plus fermer à clé le coffre, la serrure a sauté ! Joli ! Paul, un peu emmerdé, nous recommande un garage voisin. En voyant le nom, le flair de Pat est alerté : Luci ! Emilie au contraire est toute contente ! C’est un gars très gentil des Abruzzes avec son papa et son oncle de 110 et 130 ans qui zonent. Ils sont très contents de parler avec nous italiens. Quand ils apprennent qu’Emilie s’appelle Lanciano (une ville des Abruzzes) c’est le colpo di fulmine (coup de foudre) : ils vont nous aider.

A venir

  • LUCI cherche à récupérer quelque chose d’occasion dans l’Ohio. On attend toujours …
  • Nous sommes allés au Canada pour voir les chutes du Niagara avec cette belle voiture (et son coffre ouvert) et Mme Yvonne Samzun – une belle bacallau. Vous pouvez déjà imaginé la suite …

et voilà les photos promises … en vrac !

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les vues de Pittsburgh,

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la voiture et le « Strip District »  – on en parlera longuement très bientôt avec le bon resto italien comme on en trouve pas à Lyon!!

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En les regardant, ces photos montrent une ville plutôt minérale! En fait il n’en ai rien. Nous avons plutôt sélectionné ici des photos de pierres alors que la ville est faite d’arbres, de forêts et de parcs!!

Entrée dans notre nouvelle petite vie à Pittsburgh

Pittsburgh, le 18 août 2014

Salut les copains,

Ca y est on y est, Pittsburg Pennsylvanie ! Presque installés ! Lundi, c’est la rentrée ! Difficile de tout raconter et savoir surtout par où commencer.

L’arrivée a été un peu rude : après une très longue attente à New York au milieu d’une multitude de nationalité pour obtenir le précieux visa, nous sommes allés manger notre premier hamburger chez Wendy’s. Première image de l’Amérique : des stations-service avec des voitures énormes et que des noirs et des hispano aux tâches ingrates ! Une belle division raciale du travail ! … et une nourriture infâme ! Si Ivo a été tout de suite comblé, Alice a commencé à faire la gueule !

Nous avons loué une énorme et luxueuse voiture, et nous sommes partis, direction Pittsburgh ! Premier paradoxe américain : ils ont de grosses voitures … qui ne peuvent rouler qu’90kms et quelque fois 110 km/h sur l’autoroute ! Nous avons traversé Manhattan en voiture, nous sommes passés sous l’Empire State Building, Broadway … et pas d’embouteillages !

Nous avons fait une halte dans un motel à 150 kms de New York (toute une histoire- dans le parking, y avait un hélicoptère et plusieurs magasins de guns sur notre route). Les frites panées à l’huile de moteur (d’hélicopère), les nuggets de poulet empaillés et l’hamburger à la choucroute nous ont fait un sacré effet ! Alice a continué à faire la gueule, et nous aussi ! Nous avons donc pris nos responsabilités de parents et nous avons décidé de piquer niquer pour le prochain déjeuner dans un endroit bucolique ! Donc, halte à Lock Haven le long de la Suskehanna River : délicieux œuf en plastique précuit (bon souvenir pour Alice !), bacon – comment dire … 150% de graisse ! C’est là que nous avons pensé à devenir végétalien !

Nous étions donc très inquiets à l’arrivée à Pittsburgh ! Mais là, grande surprise, nous arrivons par des collines, sans voir aucun building et sans même discerner la ville dans lequel nous arrivions ! Des arbres et des jardins partout ! Nous découvrons notre maison, Savannah Avenue à Edgewood, à deux blocs de Pittsburgh. Nous ne sommes pas dans le Missouri, ni à Savannah (mais à Savannah Avenue), mais cela ressemble beaucoup à la maison de Tom Sawyer. De toutes les couleurs, en bois, avec deux porches à l’avant et à l’arrière, fenêtre coulissantes avec des moustiquaires, balancelle et rockingchair sur le porche principale, petit jardin à l’arrière (qu’il faut tondre toutes les semaines !). A l’intérieur, vieux meubles et lustre avec ventilateur intégré, clims et électricité d’il y a 200 ans et frigo de la marque Frigidaire !! Arrivés dans notre home sweet home, les choses se sont améliorées.

Aux abords de notre charmante petite maison, plusieurs restaurants, thai, italien, une brasserie avec une case à bière impressionnante et un café avec des expressos, mais également le Regent Square Theater, un cinéma d’art et essai qui passe les films en 35mm. Nous sommes dans un quartier bien hipsters ! Notre premier repas fut donc au thai, et c’est là que nous avons commencé à faire connaissance avec nos voisins !!!! Impossible d’acheter de l’alcool dans le restaurant, deux charmantes hipsters nous offrent alors des bières en nous souhaitant la bienvenue ! L’une d’elle est notre voisine d’en face. Le lendemain nous faisons nos courses à l’équivalent de 3 petits pois, produits locaux bio, fromage de chèvre (pasteurisés), aubergines, courgettes, tomates. Dans le big store, nous trouvons même des Barillas et de DeCecco ! Nous mangeons immédiatement une salade de concombre, tomates avec de l’huile d’olive ! Nous voilà bien rassurés !!!

Ces premiers jours et notre arrivée à Pittsburgh dans le quartier nous ont permis de mieux comprendre le terme et le sens de la communauté ! Cela sera sûrement un des principaux enseignements de notre expérience américaine ! Un par un, les voisins se sont présentés à nous, offrant chacun leur service : nous emmener ou nous prêter en voiture faire des courses, acheter un smartphone (et oui, ca y est on l’a !) nous emmener à la piscine, nous inviter à dîner, etc… Nous sommes accueillis, pris en charge ! Tout le monde fait jouer son petit réseau pour nous aider dans nos petits tracas d’installation !

Faut dire qu’ils ont peut-être un peu pitié de nous, ces américains … et que nous sommes bien aimables ! Nous sommes jeunes, blancs et nous avons des enfants en bas âge ! Et puis surtout, nous n’avons pas de voiture!!!

Nous passons notre temps à marcher de bus en bus, à nous perdre au milieu du périph, à attendre longtemps dans les arrêts, à rencontrer des personnes, à re-rencontrer ces mêmes personnes, etc… Cela nous permet de côtoyer les noirs, bizarrement eux non plus n’ont pas de voitures! Mais tout cela est bien fatiguant et n’aide pas Alice à renflouer sa mauvaise humeur !

Nous avions pensé nous déplacer en vélo. La propriétaire de la maison nous en a laissé deux. Il nous fallait récupérer un vélo pour Alice et un siège pour Ivo. Nous avons trouvé une association qui répare les vélos usagers sur la base de la participation (style chat perché à Lyon – des soirées sont prévues pour les femmes, les gays, les lesbiennes et les queers, et il est possible d’acheter son vélo en donnant du temps volontaire). Des voisins nous ont prêté leur voiture ( !), et nous avons donc passé 3 heures à réparer un vélo pour Alice avec un coréen-américain volontaire (né en Belgique, mais auss nul que Pat en bricolage). Sans succès ! A Pittsburgh, beaucoup de quartiers se terminent par Hills, Forrest, wood ! En fait, la ville est appelée la San Franscisco de l’Est par les cyclistes ! On comprend pourquoi ! Le vélo n’est pas une solution pour se déplacer de façon quotidienne en ville !

Il nous faudra rapidement acheter une voiture !!!

Ce week-end a été celui des fêtes de nos différentes communautés : de l’école et du quartier ! Nous avons donc participé aujourd’hui à une petite fête populaire à la Tati, finissant par un spectacle de feux d’artifice très impressionnant !

Après les premières tâches d’installation et d’intégration, lundi, c’est l’entrée dans notre rythme quotidien. Alice ira à Edgewood Primary School à 20 mn de chez nous – à pied au 2nd niveau ; elle sera dans une classe normale mais avec deux heures avec une enseignante particulière pour lui apprendre l’anglais. L’école est majoritairement noire, la directrice passionnée d’oiseaux, est noire, elle a un portrait de Malcom X dans son bureau. Les couloirs ressemblent tout à fait à ceux que l’on voitt dans les séries US. Il y a partout des tableaux rappelant les grands personnages historiques américains de couleur noire – avec Barack et Michelle Obama au centre ! Ivo va aller dans une petite crèche dans un autre quartier. Cela nous présage des temps de transports importants le matin pour les amener à l’école !!

Il nous faudra rapidement acheter une voiture !!!

Même si Alice a été rassurée depuis son arrivée dans la maison, elle est quand même bien déprimée et en colère contre nous pour cette aventure américaine ! Evidemment, elle ne comprend rien. La gentillesse et l’enthousiasme de certains la brusquent un peu aussi ! Elle a une adresse mail et elle passe son temps à envoyer des messages à ses copines pour se plaindre !! Les premiers jours à l’école risquent d’être donc difficiles. Ivo par contre ne semble pas du tout gêné, plein de copains dans le quartier ! Il demande quand même parfois ses copains lyonnais, Stan et Walden mais quand les copains sortent leur draisienne et leurs petites voitures, ils sont vite oubliés ! Il dit déjà merci en anglais !

La ville de Pittsburgh est donc vraiment très belle, les différentes collines et les forêts cachent les maisons et les immeubles. La ville a été construite autour de forêts qui ne semblent pas avoir été abîmées. Le Frick Park au centre de la ville est le centre de randonnée de VTT. Cela ne donne pas l’impression d’une grande ville alors qu’il y a quand même 300 000 habitants. Géographiquement, cela ressemble un peu à Lyon. Le centre-ville est situé à la confluence de deux rivières qui forment la source de l’Ohio. La confluence est très impressionnante ! Les deux rivières sont enjambées par des milliers de ponts à l’américaine où naviguent beaucoup de très beaux bateaux à aubes pour touristes !

La communauté des voisins nous aide beaucoup, mais c’est assez difficile de comprendre ce qu’ils attendent en retour ! Certainement, un certain conformisme social et un alignement à leurs normes sociales ! Il faut être tranquille, ne pas trop faire de bruit, et participer aux différents évènements de la communauté. Emilie fume tous les soirs, une fois la nuit tombée, sa cigarette sur le porche dans le rockingchair (c’est tentant), mais sans être pour autant complètement détendue ! Beaucoup de personnes que nous avons rencontrées ont un certain second degré. Ils connaissent bien certains de leurs travers – la voiture, le voisinage -, s’en amusent et s’en moquent. C’est assez étrange !

Voilà, tout cela est bien passionnant mais aussi épuisant et stressant ! Evidemment, vous nous manquez mais on voudrait aussi partager avec vous ces aventures et vous faire découvrir notre nouvelle petite vie et notre charmante maison !!

On fera passer très vite des photos et quand nous aurons plus de temps peut-être un blog, mais en attendant tout cela, on vous laisse pour le moment votre imagination vaguer !

On vous embrasse très fort,

Emilie, Patrick, Alice et Ivo.